U.S. Suisse bat C.A. Paris : 3-1 Hier après-midi, à Charentonneau, l'U. S. Suisse a battu le C.A. Paris par 3 buts à 1. A la mi-temps les Helvètes menaient par 1 but à 0. Voilà certes un résultat auquel on ne s'attendait guère — soit dit sans offenser l'équipe victorieuse. On n'ignorait pas que le C.A.P. n'est pas encore au point, mais on pensait tout de même qu'il aurait assez de ressort pour sinon en venir à bout, du moins tenir tête à son adversaire. En fait, il fut dominé en science, en vitesse et surtout en puissance par le onze suisse qui, chose surprenante, imposa dès le début un jeu rapide qui déconcerta le C.A.P. qui passe, cependant, pour être plus mobile. Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées que, sur corner tiré par Wagner, Durr, recevant le ballon de Reiss, le logeait dans les filets de Pays. Cette première mi-temps fut pourtant équilibrée par la suite. Mais le jeu de l'US. Suisse, plus dépouillé, plus direct, plus volontaire, avait un caractère beaucoup plus dangereux que celui des Capistes. La supériorité des Suisses s'affirma en seconde mi-temps, tandis que le découragement et la fatigue désagrégeaient le onze capiste, à tel point que l'on put craindre un moment que le match ne se terminât par la déroute du C.A.P. Après 10 minutes de jeu, un coup franc contre Rose et le C.A.P. fut magistralement repris par Durr qui marqua un second but de belle facture. Son coéquipier Reiss, cinq minutes plus tard, obtint un troisième but. L'équipe capiste, complètement désunie, ne donnait plus l'impression de pouvoir réagir. Une des causes principales en était la mauvaise condition de son demi-centre Fidon. Ce joueur ne prit part à l'action que durant le premier quart d'heure de jeu et se borna, par la suite, à suivre les événements plutôt qu'à les commander. Jugeant la situation des plus critiques, les dirigeants capistes modifièrent assez profondément leur formation, vers le milieu de la seconde mi-temps. Finot qui, jusqu'à ce moment, avait accompli un labeur formidable aussi bien en attaque qu'en défense, suppléa Fidon, défaillant, tandis que ce joueur prenait la place d'arrière — qui lui convient mieux — et que Bayard devenait demi. Contrairement à la règle qui veut que les modifications en cours de partie ne donnent pas de bons résultats, cette transformation ne s'avéra pas malheureuse. Sur botté de Finot, mal paré par Burckard, Rose s'emparant du ballon fit, pour une fois, preuve de décision et d'efficacité en marquant le but qui, on le dit, sauve l'honneur. A la décharge du C.A.P. on doit dire qu'il fut privé des services de Colomb qui, hier, préféra les joies de la famille à celles que procure le football. Un seul joueur est à citer : Finot. Rarement nous avons vu le sympathique demi, en aussi bonne condition physique, avoir autant d'inspiration que d'ardeur et exécuter avec tant de précision les passes et les dribbles. Peut-être peut-on lui reprocher d'avoir voulu tirer au but à tout prix et de trop loin. A sa décharge, reconnaissons qu'il ne pouvait guère compter que sur lui-même. L'U.S. Suisse nous a fait une impression excellente. Sa valeur fut d'autant plus apparente qu'elle eut devant elle un adversaire affolé et inférieur. Elle est bien au point, solide uniformément, bien en souffle et sa technique individuelle, en général, ne laisse pas à désirer. Un seul joueur fut faible, l'ailier Wagner qui, en mauvaise forme, laissa échapper deux belles occasions de marquer qu'en d'autres circonstances il aurait, fort probablement, saisies. Von Au, très à l'aise en face de Fidon, Reiss et Durr, qui forment un tandem terriblement dangereux, Judet, Debicker et Burckard sont à citer dans lot de joueurs bien entraînés et qui peuvent causer plus d'une surprise. — G. Guillot.